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Premier des trois volets de l’analyse par nos experts du devenir de la formation professionnelle « à la française »

   

Bref retour sur la réforme

Dans un contexte où 50% des emplois seront profondément transformés dans les 10 années à venir, la formation professionnelle des actifs devient un véritable enjeu national. En France, la loi « avenir » a été pensée pour donner les clefs pour y faire face.

(Source : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/loi_pour_la_liberte_de_choisir_son_avenir_professionnel-2.pdf, 2018)

 

Dans la vision française, l’entreprise en tant qu’employeur est considérée en cheville ouvrière de cette réforme et de la formation qui doit être repensée. L’objectif étant d’impliquer le salarié dans la construction de sa formation. (Source : la tribune.fr, 03/03/2019)

Cette nouvelle réforme de la formation professionnelle vient bouleverser le fonctionnement et les rôles de chacun des acteurs (salarié, entreprise, Opca, …). Cette réforme s’inscrit dans un cycle qui s’est accélérée ces dernières années.

 

La formation professionnelle s’axait sur un principe de financeurs – bénéficiaires, qui permettait aux entreprises de s’appuyer sur des prises en charge, notamment via leur OPCA, pour construire leur plan de formations.

 

 

 

Source : Opca transport (2019)

Il n’est pas nécessaire de rentrer dans le détail de la réforme pour remarquer que celle-ci contribue à un changement en profondeur du fonctionnement de la formation continue.

Notamment, la fin des heures cumulées dans le CPF. Depuis sa mise en place en 2014, le constat était sans appel : seul 1 actif sur 4 avait ouvert un compte personnel de formation. Moins de 3,6 % avait bénéficié d’une formation dans ce cadre.

(source : http://www.via-competences.fr/prao/la-reforme/gouvernance/repartition-des-financements-de-la-formation-professionnelle-pour-2019-127114.kjsp)

 

A juin 2019, le CPF est sensiblement plus connu par les salariés.

Le nouveau CPF c’est :

  • Alimentation en euros : 500 € max/an, plafonné à 5 000 € hors abondements divers.
  • Application numérique : le salarié devient plus un « consommateur » de formations.
  • Une liste unique des actions éligibles au titre du CPF : établie par le nouvel organisme « France compétences » accessible depuis l’application numérique.
  • Information obligatoire sur le CPF durant l’entretien professionnel : il s’agit là d’une véritable campagne de communication visant à promouvoir le CPF et reposant sur l’employeur.
  • Abondements : élargissement des acteurs pouvant abonder le CPF (13 acteurs peuvent abonder le CPF)
  • Allègement des obligations de l’employeur : il n’a plus à se prononcer sur le choix de l’action de formation envisagée par le salarié. Depuis le 1er janvier 2019, son accord est uniquement requis sur le planning de l’action de formation qui se déroule sur le temps de travail.

Source : La Tribune (03/03/2019)

 

Source : www.centre-inffo.fr (05/09/2019)

 

Aujourd’hui, c’est la Caisse des dépôts et consignations qui est en charge de développer l’application qui sera lancée pour décembre 2019. Cette application sera une sorte de « market place », un terme bien connu des férus d’achats en ligne.

Cette place de marché publique ressemblera à toute autre place de marché, avec un montant en euros disponible pour le salarié et des formations avec un coût. Des évaluations seront possibles une fois la formation réalisée. Les avis des stagiaires seront visibles et permettront aux utilisateurs d’avoir une idée sur l’apport en connaissances que peut lui apporter une formation, un peu comme le ferait une application comme TripAdvisor pour des logements ou restaurants.

Le CPF de demain s’inspire et se développera dans le même sens que des applications telles Airbnb, Netflix, LinkedIn ou bien Tinder (en lien avec une volonté d’appariement entre des formations et des offres d’emplois) !

(Sources : Les échos, 20/09/2019)

 

A suivre dans le prochain article : « La trajectoire de la formation professionnelle française par rapport aux autres pays ?

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