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Management : Qu’est-ce que l’éthique en entreprise ?

Le management éthique est un enjeu incontournable pour les entreprises. En effet, comme l’a expliqué Marie-Laure Meunier, fondatrice et présidente de la société TerraLumen, lors d’une conférence sur le thème « Ethique & Management : le manager au cœur du dilemme », la problématique éthique est croissante dans les entreprises.

Cependant, malgré des évolutions de la loi et une obligation de prendre en considération ces questions éthiques, le sujet est aujourd’hui encore trop tabou.

La loi Sapin 2 impose, dans son volet anti-corruption, aux entreprises de plus de 500 salariés et au chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros la mise en place de mesures de prévention du risque : code de bonne conduite, dispositif d’alerte interne, cartographie des risques, dispositifs de contrôle interne, d’évaluation et de formation.

« La loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères place les grandes entreprises multinationales face à leurs responsabilités en matière de respect des droits humains dans leurs activités à l’étranger, y compris celles de leurs partenaires commerciaux (sous-traitants et fournisseurs). » – Marie-Laure Meunier.

Ces deux lois sont également appuyées par la RGPD (le règlement de protection des données personnelles en Europe) : vous pouvez en découvrir plus sur ce qu’est la RGPD et comment l’appliquer ici.

Quoi qu’il en soit, la conformité réglementaire n’est pas suffisante : il existe un réel besoin d’une prédominance de l’éthique au travers de processus et pédagogies clairs.

La culture de l’éthique dans l’entreprise

Matérialisée par une charte ou un code éthique, la culture de l’éthique dans l’entreprise doit symboliser les valeurs fortes de cette dernière.

L’éthique peut alors exister au travers de deux paliers : les comportements individuels des collaborateurs de l’entreprise ainsi que la personnalité morale et la stratégie de cette dernière.

La charte éthique doit donc définir et délimiter son champ d’application en prenant en compte les critères suivants :

  • Comportements frauduleux : Pratiques fiscales, corruption, blanchiment… Pour ce point-là, la charte doit également expliquer les incidences juridiques possibles.
  • Social : Respect de la personne, des différences, équilibre privé/professionnel
  • Société civile : Respect des consommateurs, satisfaction client, entreprise citoyenne

La charte est également utile à la prévention des risques étant donné que beaucoup de crises naissent du non-respect de ces principes éthiques et sont décuplées par les réseaux sociaux et l’instantané.

Enfin, l’entreprise doit prendre en compte que la mise en place de pratiques éthiques ne lui apporte pas d’argent mais empêchent cependant des risques pouvant être nuisibles à sa performance et sa rentabilité en instaurant un climat de respect et de confiance.

Quelles sont les composantes indissociables du management éthique ?

Le manager éthique est :

  • Exemplaire
  • Créateur de confiance
  • Indépendant / avec des valeurs personnelles fortes
  • Courageux
  • Pragmatique
  • Connecté et vif

Mais le plus important est que le manager éthique doit manager sans trahir ses valeurs personnelles.

Vous voulez en savoir plus sur les différentes typologies de manager ? Découvrez ici le manager agile et le manager bienveillant.

Lorsqu’il rencontre des problématiques éthiques (pression commerciale, conflit d’intérêt, pratiques discriminatoires…) le manager peut suivre un certain nombre de bonnes pratiques explique Marie-Laure Meunier :

  • Vérifier la conformité de la situation dans la loi et/ou dans le code éthique de l’entreprise s’il y en a un
  • Prendre le temps et le recul nécessaire
  • Partager ses interrogations en interne pour chercher des témoignages objectifs
  • Vérifier les sources et informations disponibles
  • Demander l’avis des RH et des juristes en fonction de la problématique

Le but est ici pour lui de prendre une décision en accord avec ses valeurs personnelles et en toute conscience.

Mais que ce passe-t-il lorsque les comportements que la morale exige ne concordent pas avec l’intérêt économique de l’entreprise ?

Ici le dilemme est total mais le plus important reste de ne pas se renier : il est donc nécessaire pour le manager de prendre du recul par rapport à ses pratiques et à celles de l’entreprise.

En conclusion, le manager éthique est donc un manager possédant deux qualités phares : l’exemplarité et le courage (d’affirmer son point de vue et de savoir dire non entre autres).

Ainsi, les entreprises qui auront compris cela verront leur performance gagnée en durabilité et en efficacité.

Source : RH Info

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